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En ville, l’humain apparaît à la fois comme usager et constructeur des espaces qu’il occupe. Il n’est pas seulement assigné à des lieux fonctionnels pour résider, travailler, se distraire, il se trouve aussi, le plus souvent, dans des situations de mobilité au sein de ces espaces où se déroulent des interactions complexes relevant en même temps de plusieurs registres des activités humaines. A la fois prévisible et imprévisible, cette occupation de l’espace par des hommes et des femmes est indissociable des émotions qu’elles-ils ressentent, émotions dont l’expérience répétée construit la spatialité des acteurs, par exemple dans la ville : peur de certaines rues le soir, évitement d’espaces occupés par un groupe de personnes en stationnement, claustrophobie dans un immeuble de bureau, attrait des larges espaces ouverts, recherche de lieux de rencontre identitaires ou intersexes.
Dans cette perspective où le corps et les émotions qu’il ressent (et qu’il génère) sont pris comme une information scientifique à part entière, le genre représente une entrée déconstructrice si l’on considère que la ville a été de façon ancienne pensée par les hommes pour les hommes, de façon plus récente par les hommes adultes pour toutes les autres catégories d’humains. Les « arrangements » entre femmes et hommes (entre femmes et femmes, entre hommes et hommes) sont le produit d’expériences spatiales accumulées. La perspective historique permet d’approfondir une réflexion sur les lieux (espaces publics/privés) et de comprendre les modalités de construction du corps des femmes et des hommes, en rapport avec l’histoire de l’éducation, de l’hygiène, de la santé mais aussi avec les politiques publiques d'aménagement urbain, notamment celles qui prennent en compte les violences faites aux femmes et aux homosexuel.le.s. Les cultures et les arts « urbains » reflètent ces univers non neutres que les artistes illustrent ou dépassent par des créations qui renforcent ou au abolissent le genre. Les littératures française et étrangère partagent cette fascination ambiguë d’une ville à la fois infiniment désirable et violemment anxiogène.
Le genre est-il une possibilité d’interroger la ville d’une façon nouvelle ? Que sait-on des positions et des déplacements différents des femmes et des hommes dans la ville, hier et aujourd’hui ? Quelle place la ville « créative » a-t-elle dans la reconfiguration des rapports sociaux de sexe ? Que nous dit l’histoire des idées de la naturalisation du genre dans les nouvelles configurations urbaines ?
Yves RAIBAUD Animateur de l’axe « Environnement, nature, ville » (y.raibaud@ades.cnrs.fr)
Les propositions sous la forme d’un résumé de 20 lignes maximum avec le titre de la communication, doivent parvenir à la direction de la recherche (direction.recherche@ubordeaux3.fr ) avant le 30 avril 2011
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